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Ce fut donc en Novembre 2001 ou ce satané taux de CA15 grimpa jusqu’à 72, et ou rentrant à la maison il fallait bien que je lui annonce. Recauchemar pour une maman et sa fille qui se sentirent à cet instant vraiment seules au monde. Elle s’effondra, et me dit « j’étais sure que ce truc allait me faire crever » Dures paroles dans la bouche d’une jeune fille de 24 ans. Le scanner a rendu son verdict : nodules sur le poumon gauche, le poumon opposé au sein malade. Allez y comprendre quelque chose.A la sortie du bureau du cancérologue, je me suis retrouvée dans l'ascenseur avec ma gosse qui vomissait partout, suite à la réaction de l'annonce de la nouvelle, je peux vous dire que je l'ai pris a bout de bras pour l'emmener jusqu'à la voiture et que le chemin du retour à la maison a été bien long.
A cette époque elle venait de rencontrer « JEROME » un très gentil garçon a qui il n'y aura jamais de mot assez fort pour le remercier pour avoir fait tout jusqu’au bout car il l’aimait à la folie.
Ensuite ce fut la descente aux enfers avec 4 protocoles de chimio, perte de cheveux etc… refusant de regarder son crâne chauve dans un miroir. Et néanmoins elle exprimait des gros mots qui fusaient par ci par là « putain de chimio, j’en chie » mais je m’en sortirais, ce cancer ne m’aura pas. Jusqu’en Novembre 2003 elle suivit tant bien que mal ces traitements très forts qui la mettaient complètement KO, mais elle le faisait sans courber l’échine, Par contre le cancer lui avançait et gagnait du terrain. Elle avait une « pêche » pas possible et tout le monde disait « elle va s’en sortir avec la « pêche » qu’elle a ; moi aussi j’y croyais car elle vivait à 100 à l’heure comme si elle avait voulu dépasser la maladie.
En Novembre, lorsqu’elle est venue me voir au bureau, je me suis bien rendu compte qu’elle avait des difficultés à respirer, mais elle m’a dit : « tu sais maman comme j’avais de l’asthme quant j’étais petite, je pense que ce sont les traitements qui me déclanchent de l’asthme.
Et puis le 23 Décembre le soir du réveillon de Noël elle perdait toute respiration et fut évacuée à l’hôpital pour un pneumo thorax des deux poumons. Plus de poumons ceux-ci étaient plein de métastases. Ironie du sort, à cette période des fêtes il manquait de personnel dans l’hôpital et c’est un anesthésiste qui s’est occupé d’elle ; hélas il s’y est repris à 2 fois pour lui mettre les tubes dans les poumons. La gosse a souffert le martyr.
Et puis début Janvier 2004 le médecin m’annonce le verdict qu’elle ne saura jamais : plus que quelques jours ou quelques mois. Et moi de ne pas croire ce verdict de ne pas l’accepter et de continuer coûte que coûte à l’aider. Malgré tout, comme elle ignorait ce verdict, elle continua a avancer. 1 mois 1/2 d'hopital. Retour chez elle.
Je remercie la maman de Jérome qui faisait le relai pour ne pas la laisser trop seule et qui l'a beaucoup soutenue et aidée.
Ensuite dégradation petit à petit, ne plus manger, ne plus dormir, ne plus bouger, souffrir et encore souffrir et pleurer.
Lorsque je pénétrais dans son appartement, avant de passer la porte je prenais à deux fois ma respiration pour avoir une entrée positive et ne rien lui laissait paraître.
Ce regard triste dirigé vers moi, je ne l'oublierai jamais.
Je l'emmenais en chimio en fauteuil roulant avec la bouteille à oxygène.Lorsqu'on rentrait à la clinique, les regards des autres sur elle me faisaient terriblement mal.
Une dernière visite au pneumologue en Février, qui lui dit que les poumons étaient bien recollés, mais qui ne s’avança pas sur le sujet et MARINA de répondre « tant mieux l’an prochain je pourrai à nouveau aller au ski ». Au mois d’Avril il fallut avoir recours à un appareil respiratoire, puis augmenter toutes les semaines la dose d’oxygène. Elle voulait continuer à vivre dans son appartement avec JEROME, elle en avait marre des hôpitaux et je peux vous dire que le courage de ce jeune homme n’a pas de nom. Petit à petit ses forces diminuaient et les dernières séances de chimio se firent en fauteuil roulant, car elle était mangée par la maladie. Elle trouva encore le moyen de rigoler de sa dernière photo en Mai 2004 qu’elle m’envoya à l’aide de son téléphone mobile ; la photo de ma fille qui n’existait déjà presque plus.
Le 26 Juin 2004 nous l’emmenions encore une fois à l’hôpital car elle venait de contracter une septicémie . Plus d’espoir, mais nous l’avons encore entouré avec nos mensonges, en lui faisant croire que les antibiotiques allaient suffire ; ce qu’elle a cru jusqu’au bout. Nous lui avons épargné la pompe à morphine à ses cotés, car ça elle savait ce que c’était mais elle ignorait que nous la lui donnions par perfusion ; alors elle disait aux personnes qui venaient lui rendre visite : « vous voyez je n’ai pas encore de morphine, donc ce n’est pas grave » !!! Elle ne pouvait plus bouger, car le cancer avait atteint les os. Elle me disait, « c’est normal maman je n’ai plus de muscles car il y a longtemps que je ne marche plus, mais cela reviendra avec de la rééducation ». Où prenait-elle cet optimisme incroyable !!! 3 jours avant de sombrer dans le coma comme j’étais dans le lit à coté d’elle, elle m’a dit : « maman je ne vais pas mourir je suis trop jeune pour mourir, tu vas m’aider hein maman ! » et moi de lui répondre « bien sur ma puce que je vais t’aider, tant que je serais là tu ne mourras pas ».
Comment ai-je pu tenir jusqu’au bout sans craquer une seule fois, c’est peut être là ou j’ai pu l’aider à croire jusqu’au bout, car elle ne me voyait pas inquiète. Ses paroles 48 h avant son départ à son cancérologue ont été : « Vous savez docteur , j’ai pris ce microbe, mais vous allez voir, je vais m’en sortir, je n’ai plus de métastases et Maman m’a dit que j’allais guérir. Vous verrez MARINA revenir vous voir en Octobre avec sa voiture, et vous n’en reviendrez pas !
Et puis elle s’est endormie petit à petit, et a sombré dans le coma. J’ai continué à lui parler dans l’oreille jusqu’à la fin en ne lui disant que des choses positives, ne lui laissant à aucun moment le doute de la situation. As t’elle compris qu’elle allait mourir ??? Elle est partie le Vendredi 2 Juillet à 10 h du matin une semaine après son anniversaire.
A cet instant j’ai perdu la moitié de moi-même. Je me suis posée la question : « Est-ce que je continue ou est-ce que je m’arrête avec elle ». Mais elle n’aurait pas voulu que je mette fin à mes jours, car elle avait horreur des gens qui se suicident, elle qui voulait tant vivre. Je n’avais pas le courage d’écrire ce texte avant ; mais aujourd’hui en cette période douloureuse de l’année pour moi l’écrire c’est rendre hommage au courage de MARINA. Vous jugerez peut-être ce texte trop dur, mais il est la réalité de la vie. Et je le dédis également aux autres mamans qui souffrent de la perte d’un enfant et à qui je dis continuez, ils sont peut-être encore avec nous.
Enfin je tiens à dire aux mamans qui liront ce message que c’est suite à la prise de la pilule que ma fille a contracté cette maladie « n’écoutez pas les médecins, au jour d’aujourd’hui il y a plein de jeunes filles et jeunes femmes qui meurent de cette « cochonnerie », car toutes les pilules que l’on nous fait prendre font marcher le business et enrichissent les laboratoires. Et tous ces gros pontes lors d’émissions télévisées qui nous gonflent de bobards sur la quantité de cancer du sein et de l’utérus chez les jeunes femmes, les espoirs de guérison, et les faux pourcentages, qu’ils aillent au diable avec leurs mensonges (et je reste polie).
Depuis que je suis concernée, j’ai appris le cas de plein de jeunes filles comme MARINA qui ont fini comme elle. Méfiez-vous également de ces soi disant gynécologues ; 2 gynécologues nous ont ris au nez, lorsque nous leur avons montré l’écographie qui affichait des soit disant « adénofibromes » et quant on leur a demandé de faire des ponctions, nous avions l’air de passer pour « des connes ».
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1. sylvie Le 18/05/2008 à 14:58
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