marina

Ma fille s’appelait Marina et je n’avais qu’elle ...............

 Elle était née le 27 Juin 1977

En Février 1996, l’année des ses 19 ans un médecin lui découvrait un cancer du sein. (pillule !!!)

En Juin 1996, ce même médecin procédait à l’ablation du sein gauche. 3 mois de chimio qu’elle refusa au début car il fallait faire couper ses longs cheveux, puis  30 séances de rayon. De plus on lui avait enlevé les ganglions sous le bras, et elle devait faire constamment attention à son bras qui ne possédait plus d’immunité. Cauchemar  sans  nom pour cette jeune fille.

A cette époque j’étais divorcée. J’ai pris sur moi de l’aider jusqu’au bout. Malgré cela elle trouvait la force de réussir les épreuves du bac et d’aller de l’avant en continuant ses études jusqu'à un BTS de tourisme.

La haine envers la vie se lisait dans ses yeux. D’ailleurs son comportement avait changé et elle devenait très vite agressive. Je  passe les épisodes de prothèse de sein qu’il fallait installer dans le soutien gorge ou maillot de bain pour avoir l’air d’une jeune fille. Son parcours cahotant pour ne pas se faire draguer par un garçon de peur qu’il s’aperçoive de son handicap. En essayant de plaisanter  elle disait qu’elle était « montée sur kit ».

En 1998, un spécialiste lui refaisait un semblant de sein à l’aide d’un muscle du dos. Ce fut une grosse boucherie et je pèse mes mots. Il découvrit un ganglion encore atteint et  le spécialiste  lui a dit avant que j’arrive à la clinique, je lui en ai voulu de lui avoir dit, car elle eu bien souvent cette réflexion " J'ai  une bombe à retardement sur la tête ". Elle refusait de regarder son sein et s’était surnommée « éléphant man » Elle trouvait bien souvent l’occasion d’en rire, mais ce rire était « jaune ». Le traitement était harde, mis en ménopause à l’age de 20 ans, avec une injection par mois, avec tous les désagréments d’une ménopause (bouffées de chaleur, plus de libido etc…)

Et puis ses satanées analyses de sang à faire tous les 3 mois, avec ce taux de CA 15 qui ne devait pas dépasser 30. Chaque fois nous étions en sueurs froides aux résultats d’analyses. Puis la peur du cancérologue « la bête noire » qu’elle refusa bien des fois de rencontrer, car il représentait pour elle le médecin qui découvre et soigne le mal, ce mal dont elle ne voulait pas entendre parler.

Elle fit néanmoins son petit bonhomme de chemin vaille que vaille, et comme ses copains et copines le disaient, elle trouvait la force de rire d’un rien de rire des autres, et de faire rire son entourage. Elle continua  ses études, et décrocha un BTS d’agent de tourisme, mais le travail inerte devant un bureau ne lui convenait pas ; alors elle se dirigea ensuite comme vendeuse en téléphonie chez BOUYGUES, puis chez BOULANGER son dernier employeur, ou là elle pouvait côtoyer  du monde, parler et rire. Elle faisait la joie de ses collègues de travail de par sa gaîté. Bien entendu elle ne parlait jamais de son problème. Elle sortait en discothèque et impuissante je la regardais vivre à 100 à l’heure comme s’il allait lui manquer du temps pour tout voir et tout faire. Le peu de ses rencontres avec des garçons furent chaotiques, car les garçons étaient trop jeunes pour assumer son handicap, et je lui disais souvent que le garçon qui resterait avec elle serait le bon et que celui-ci ’aimerait sincèrement ; ce qui arriva mais trop tard…

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Dernière mise à jour de cette page le 14/09/2008

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